Les ambassadeurs de
huit pays ont fait part à Tokyo de leur inquiétude devant le nombre
croissant d'enfants séparés d'un de leurs parents à la suite d'un
divorce ou d'un conflit au Japon, où le droit parental n'est pas
reconnu.

Lors d'une rencontre samedi 30 janvier avec le ministre japonais des Affaires étrangères,
Katsuya Okada, les représentants de ces pays - Australie, Canada, Espagne,
Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie et Nouvelle-Zélande - ont demandé au
Japon de signer la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils des
déplacements illicites d'enfants.
Chaque année au Japon, à la suite d'une séparation ou d'un divorce, 166.000
enfants sont coupés, le plus souvent définitivement, d'un de leurs parents,
selon des statistiques officielles.
Dans 80% des cas, c'est le père, japonais ou étranger, qui perd tous ses
droits sur l'enfant.
Dans un communiqué conjoint, les participants à cette démarche, initiée par
l'ambassadeur de France, Philippe Faure, déclarent avoir voulu "faire part de
(leur) inquiétude face à l'augmentation du nombre de cas d'enlèvements parentaux
internationaux impliquant le Japon et affectant (leurs) ressortissants, et
appeler le Japon à signer la Convention".
Plus de 80 pays ont signé ce traité et le Japon est le seul membre du G7 à
ne pas l'avoir fait, ont-ils rappelé.
La Convention de La Haye a fixé des procédures pour assurer le retour des
enfants dans leur pays de résidence habituelle et pour protéger le droit d'accès
des deux parents.
"Il s'agit d'un problème grave auquel nous devons trouver une solution", a
dit M. Okada.
"Il découle de la différence de systèmes législatifs entre le Japon et les
pays d'Amérique du Nord et d'Europe", a ajouté le ministre.
Le 16 octobre, une démarche identique avait été effectuée par les
représentants de ces huit pays auprès de la ministre de la Justice, Keiko Chiba.
"Actuellement, les parents privés de leurs enfants enlevés vers ou depuis le
Japon ont très peu d'espoir de les voir revenir et rencontrent de grandes
difficultés à accéder à leurs enfants ainsi qu'à exercer leurs responsabilités
et droits parentaux", poursuit le communiqué conjoint.
"Lors de notre rencontre avec le ministre Okada, nous avons souligné que les
enfants devraient pouvoir grandir en ayant accès à leurs deux parents",
indiquent les membres de la délégation, qui se déclarent également "encouragés
par les initiatives positives" prises récemment par le gouvernement japonais,
comme la création au sein du ministère des Affaires étrangères d'une Direction
en charge des questions de garde d'enfants.
"Le Japon est un ami et partenaire important pour chacun de nos pays, avec
lequel nous partageons de nombreuses valeurs", ont-ils tenu à souligner.
Selon l'ambassadeur de France, 35 cas d'enlèvement d'enfant concernent des
Français.
Les Etats-Unis ont eux été saisis de 82 cas impliquant 123 enfants, et le
Canada et la Grande-Bretagne, 35 chacun.
Source : AFP