L’enseigne japonaise veut ouvrir cinq autres magasins de même taille dans la capitale.
Grisés, les responsables d’Uniqlo ont remisé au vestiaire leur
habituelle prudence. Dans des bureaux provisoires au-dessus du navire
amiral de l’enseigne de mode à côté de l’Opéra de Paris,
employés et cadres, en majorité Japonais, s’affairent au milieu de
cartons de vêtements et d’armées de mannequins d’étalage en rangs
serrés pour préparer les derniers jours de vente avant Noël. Si les
files d’attente à l’entrée ont disparu un mois après l’ouverture le 1er octobre,
elles s’allongent aux caisses avant les fêtes. La direction étudie les
moyens d’installer de nouveaux points de paiement pour accélérer le
mouvement. Et, forte du succès rencontré en moins de trois mois, elle a
décidé de passer à la vitesse supérieure.

Des mannequins de présentation dans une boutique Uniqlo de Tokyo
Alors qu’il se donnait un an pour tirer les leçons de son ouverture parisienne, le groupe Fast Retailing,
propriétaire de l’enseigne, n’attendra pas. Il s’est déjà mis en quête
de cinq à six autres emplacements dans la capitale pour y installer des
magasins au moins aussi grands, 2.000 mètres carrés minimum. Il
prospecte sur les Champs-Élysées, la rue de Rivoli, la rue de Rennes,
ainsi que les centres commerciaux des Halles et de la Défense (où il
possède déjà une petite boutique ouverte sur la pointe des pieds il y a
deux ans). Dans l’idéal, la prochaine ouverture pourrait avoir lieu dès
l’automne prochain.
L’Espagne, l’Allemagne et l’Italie en ligne de mire
«Le magasin de Paris est déjà celui qui affiche le plus gros chiffre
d’affaires du groupe dans le monde, plus que New York, ouvert depuis
trois ans, qui est pourtant 50% plus grand, se félicite Nobuo Domae,
directeur général de Fast Retailing France et directeur de la stratégie
du groupe. C’est pourquoi nous voulons changer notre modèle en
n’ouvrant plus que des points de vente deux à trois fois plus grands
qu’auparavant, avec des chiffres d’affaires compris entre 20 et
50 millions d’euros chacun, contre 5 ou 6 millions aujourd’hui en
moyenne. Notre priorité est Paris, mais nous allons aussi chercher à
nous installer à Madrid, Barcelone, Milan ou en Allemagne.» À Londres,
où Uniqlo possède une quinzaine de boutiques, il pourrait en fermer
certaines pour en rouvrir de plus grandes. Après une hausse de son
chiffre d’affaires de 25% l’an passé (à 5,2 milliards d’euros), le
groupe met le paquet pour réaliser l’objectif de son patron :
multiplier ses ventes par sept d’ici à 2020.
Comme au Japon, la crise sourit à Uniqlo. «La situation du marché
nous a beaucoup aidés : dans ce contexte difficile, les gens cherchent
le meilleur rapport qualité-prix», analyse Nobuo Domae. L’enseigne
passe son temps à ajuster ses tarifs de façon à faire revenir les
clients - son principal défi après l’effet nouveauté dont elle a
bénéficié. Une nouvelle promotion sur les cachemires est ainsi en cours
avant Noël, pour écouler rapidement le gigantesque réassort reçu au
début du mois. Après l’engouement du mois d’octobre, le magasin
parisien n’avait plus aucun cachemire, son produit d’appel, en
novembre. Pour autant, il ne sacrifie pas sa rentabilité : «Les gens
viennent chercher des produits en promo mais ils repartent avec
d’autres plus chers. Nous serons rentables dès la première année, alors
que nous avions prévu de perdre de l’argent au moins un an», assure le
patron.
Source : Le Figaro